La baisse du chômage en France n’a pas entraîné de recul de la pauvreté


L’importante baisse du taux de chômage entre 2015 et 2022 en France (de 10,3 % à 7,3 %) n’a pas fait reculer la pauvreté, a constaté le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) dans une étude publiée le 7 mai. Le taux de pauvreté monétaire (personnes gagnant moins de 60 % du revenu médian) a en effet très légèrement augmenté de 14,2 % à 14,4 %, selon les données recueillies par le comité scientifique du CNLE. Le taux de privation matérielle et sociale est lui passé de 12,1 % à 13,1 % de la population sur la période (v. l’actualité nº 19281 du 12 mai 2025). La part des personnes se considérant comme pauvres a également fortement augmenté, passant de 12,4 % à 18,7 %. Le CNLE a identifié trois principales raisons à la déconnexion entre l’évolution du chômage et celui de la pauvreté : certains des emplois créés n’ont pas entraîné de sortie de la pauvreté, la dégradation de la situation des inactifs retraités ou invalides, et un niveau de vie des ménages les plus modestes qui a moins progressé que le seuil de pauvreté monétaire. Le taux de pauvreté des retraités est lui en hausse depuis 2017 et atteint 10,8 % en 2022, alors que contrairement à ce qui se passait auparavant, la pension des nouveaux retraités est depuis 2017 « légèrement inférieure à celle de l’ensemble des retraités », selon l’étude. Source AFP